Dans le monde grec, la vigne est bien plus qu’une culture agricole : elle incarne la civilisation elle-même. Comme l’olivier et le blé, elle est perçue comme un don des dieux, symbole d’un peuple capable de maîtriser la terre et d’en tirer des fruits sous protection divine. Le vin est omniprésent dans les mythes, la littérature et la vie sociale, placé sous l’autorité de Dionysos, dieu à la fois bienveillant et redoutable, incarnation des plaisirs, de l’ivresse et de ses excès.
Réputés dans toute la Méditerranée, les vins grecs sont consommés selon des règles strictes. Boisson de plaisir mais aussi de danger, le vin doit être maîtrisé et dilué dans l’eau, geste central du banquet grec. Le cratère, grand vase destiné au mélange, devient l’emblème de cette culture du vin fondée sur la mesure.
La consommation du vin est encadrée par la cité. En public, elle n’est tolérée que lors de fêtes religieuses dédiées à Dionysos. En privé, elle s’exprime dans le symposium, rituel du « boire ensemble », où l’égalité entre les convives, la modération et l’échange intellectuel structurent la pratique. C’est dans ce cadre que le vin participe pleinement à la vie politique, sociale et culturelle de la Grèce antique.

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