En Égypte ancienne, le vin est un produit rare et hautement symbolique, étroitement lié au pouvoir, au sacré et à l’au-delà. Cultivée dès le IIIᵉ millénaire av. J.-C., principalement dans le delta du Nil et les oasis, la vigne donne naissance à des vins réservés à l’élite : pharaons, prêtres et hauts dignitaires. Le vin n’est pas une boisson quotidienne, mais un marqueur de statut et de proximité avec les dieux.

Étroitement associé aux rituels religieux, le vin est offert aux divinités et accompagne les morts dans leur voyage vers l’au-delà. Des amphores soigneusement scellées, portant parfois l’année, le domaine et le nom du vigneron, sont déposées dans les tombes royales. Ces inscriptions font de l’Égypte l’une des premières civilisations à documenter l’origine et la qualité du vin.

Dans l’imaginaire religieux, le vin est lié à la renaissance et au sang divin, notamment à travers le culte d’Osiris. Cette dimension sacrée, combinée à une viticulture organisée et contrôlée, place l’Égypte parmi les plus anciennes cultures du vin connues, dont l’influence s’étend bien au-delà de la vallée du Nil.